20.05.2010

Rue du Jardin

 

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Mon frère, 3 ans aux prunes, dans le parc de la rue du Jardin, après sa normlisation... nous sommes en 1958
Photographie prise par mon père.

C'était une toute petite rue. ... (la suite ici)

19.05.2010

Help...

Au(x) personne(s) gérant le site Blog.tdg.ch :

Depuis hier, mes publications ne passent plus sur la présentation des blogs mis à jour du site blog.tdg.ch (ni dans la plage grise, ni dans les présentations à gauche). Les billets, en revanche, sont bien édités dans le blog "Le Dit de la Salamandre". Quid ?

Autre interrogation de ma part : en avril et en mai, j'ai eu deux jours plus de 6000 pages lues affichées au compteur ! Cela m'épate, mais je doute que 75 personnes (en mai) aient pu lire 6500 pages (cela représenterait une moyenne de 86 pages par personne... si tel était le cas, mon ego s'en trouverait tout à fait flatté, mais quand même hem).

Merci de votre orientation et bonne journée, à vous, gérants qui gérez, et aux lecteurs et lectrices !

18.05.2010

Coutumes suisses

En ces temps tristounes où l'on ne cesse de renvoyer les étrangers habitants en Suisse à leurs différences, comme si elles devaient les rendre forcément dangereux et inaptes à vivre parmi nous et avec nous, je souhaite revenir sur un temps, dans le fond pas si lointain, où les Suisses entre eux marquaient leurs différences et en faisaient matière à ségrégation, chicanes et même, parfois, extraditions.

A la fin du XIXè siècle et au début du XXè, mon pays se montrait très dur à l'égard des gens très pauvres ou ressentis comme asociaux : internement administratif (parfois à vie), emprisonnement des filles mères, orphelinats qui ressemblaient plus à des prisons qu'à des lieux de vie pour enfants, travail obligatoire des orphelins placés dans des fermes ou des alpages, séparation des enfants de leurs familles, stérilisation forcée de certaines couches de la population.

Certes, cela se passait également dans les autres pays d'Europe. ... (la suite ici)

 

17.05.2010

Habits du dimanche

Ce dimanche, c'était jour de communion chez mes voisins portugais. Et j'ai revu des petits garçons habillés comme des "messieurs" et des fillettes déguisées en mariées du seigneur. Cela m'a ramenée à mon enfance.

Le dimanche, on nous habillait. Ma mère, bonne couturière, me confectionnait des robes avec smocks, et mes poupées avaient les mêmes que moi. On me mettait un ruban de la même couleur dans les cheveux, des chaussettes tricotées mains en fil d'écosse, avec des trou-trous, et j'avais des chaussures vernies, noires ou blanches. Quant à mon frère, ce jour-là et selon la saison, il avait droit à des cuissettes ou des pantalons taillés dans un ancien pantalon de mon père, à une chemise faite maison, un pull tricoté main lui aussi, et un nœud pap' du meilleur goût. On lui gominait les cheveux, comme Papa.

Cela, c'était pour les dimanches en ville, qui consistaient essentiellement en une mortellement ennuyeuse promenade le long de la rue principale, prolongée jusqu'au "Col". En fait, c'était, il n'y a aucun col à cet endroit-là, il s'agit plutôt du cul-de-sac de la vallée, mais au XIXè siècle, le mot "cul" arrachait les lèvres et les oreilles bien-pensantes des petit-bourgeois du lieu, et on remplaça "Cul-des-Roches" par "Col-des-Roches".

Tout au long de ce périple, on croisait d'autres familles aussi joyeuses que la nôtre, on s'arrêtait pour un petit bonjour, on faisait guili-guili aux bébés encore au landau. Mon frère, petit, n'arrêtait pas de tanner mon père ou ma mère avec des "C'est qui ?", des "Pourquoi ?", et des remarques incongrues du genre "T'as vu, la dame, elle est sortie en pyjama", clamé assez fort pour qu'on l'entende dans toute la ville, en voyant une élégante vêtue d'un corsaire rayé rouge et blanc assorti à un paletot tout aussi rayé de rouge et de blanc.

Parfois, on poussait jusqu'au cimetière, ... (la suite ici)

 

05.05.2010

Instant volé

Penchée sur la table du tea-room, un aide-mémoire posé à côté d'elle, elle sabrait d'une grande écriture régulière une feuille de papier épais beige crème. Parfois, elle se reculait presque violemment, comme si son texte l'avait frappée, remuée par la colère que reflétait son écriture impérieuse.
Non, elle ne passerait pas de coup de fil avant de venir le voir. Non, elle n'avait que faire de telles conventions. D'ailleurs, elle se garderait bien dorénavant de lui rendre visite, lui qui commandait de telles barrières à leur relation. Que faisait-il de la spontanéité ? Du plaisir de la surprise ?
Elle avait dépassé toutes ces contingences fixées par les usages des "gens bien". Elle était désormais dans l'instant présent, ... (la suite ici)

04.05.2010

Ivanhoé et La Flèche brisée

Dans la cour, derrière l'usine, tous les étés, les papas construisaient une grande tente faite de bric et de broc. De bric, c'était de la corde à lessive et quelques perches à lessive. De broc, les vieilles couvertures et les draps destinés à devenir charpies et chiffons à l'automne, que les mamans du quartier cédaient avec le sourire. Tout cela, coté, pincé et arrimé au grand mur de pierre qui soutenait la terrasse de roses et de lilas de la propriétaire des lieux. On démontait cet échafaudage branlant à chaque menace de grosses pluies ou d'orages trop violents et le remontait ensuite. Les enfants garnissaient le lieu magique de quelques matelas, de couvre-lit qui perdaient leur bourre, de caisses et coffres de fortune, qui faisaient office de sièges, tables et rangements divers.
Oui, vraiment, ce lieu devenait magique. Il était le support, des après-midis et des soirées entiers à de longues séances de théâtre, sans spectateur, mais jouées par les gosses du quartier avec conviction, ardeur et authenticité. Nul texte écrit dans ces fictions, une fillette prenait en main le jeu en lançant "aujourd'hui, on fait Ivanhoé", ou "La Flèche brisée"... (la suite ici)

30.04.2010

Exil

J'ai treize ans et j'ai peur. Dans quelques semaines, nous devons quitter la ville où je suis née, pour retourner dans le village d'origine de mes parents, loin des copines, loin de tout ce que je connais.
Mes parents baissent les épaules et grognent que les autorités sont injustes avec eux en les renvoyant "comme des malpropres" là-bas. On ne veut plus d'eux ici...
Bon c'est, vrai, au village, il y a ma grand-mère et quelques cousins. Mais ils parlent une langue que je ne connais pas bien, parfois mes parents l'utilisent quand ils s'engueulent. Enfin, plutôt souvent que parfois, surtout ces temps. Dans le fond, et si j'y repense, je ne comprends bien dans cette langue que les gros mots et ceux qu'on utilise pour gronder ou blesser. Et quelques mots de tendresse.
Mon instit' me regarde parfois avec un air de penser "ma pauvre fille" ... (la suite ici)

29.04.2010

La Chasse au Dahu

Crapahuter par monts et par vaux, tel était leur plaisir, à ces deux filles. Partir à la chasse au dahu en été, et fendre la poudreuse, ralliant ainsi Verbier à Veysonnaz par les sommets. Elles connaissaient le moindre vallon, savaient où s'arrêter pour pique-niquer au soleil, ou boire le verre de l'amitié. On les avait repérées, les deux coquines, et aux télécabines, les préposés avaient toujours le mot pour rire, la bonne blague avant de les pousser dans la nacelle.
La petite trentaine joyeuse, coquettes mais néanmoins bouffeuses de pâturages et de neige, gourmande des bonnes choses de la vie, elles tournaient autour du Mont-Fort ou du Mont-Blanc, selon la saison.
Un samedi de février, radieux, elles avaient abattu pas mal de kilomètres, fait les 4-Vallées. Elles venaient de terminer la terrible descente du Plan-du-Fou, ... (la suite ici)

28.04.2010

Le Bon Pasteur

Il roulait à Vespa, tenant d'une main son chapeau, laissant les pans de son manteau flotter derrière lui, sa serviette de cuir coincée entre ses pieds, sur le marchepied de son scooter, toujours souriant, mais toujours aussi pressé. A ma connaissance, aucun gendarme ou agent de police ne l'a jamais arrêté. Peut-être n'osaient-ils pas, vu l'importance pour notre communauté du personnage.
Quand on le voyait, on pensait immanquablement à un personnage de Peynet, de Faizant ou de Sempé, petit homme tout habillé de noir, affairé, affable, décalé. Ce genre de personnes qui, bien que sans signe distinctif physique particulier, restent dans votre mémoire parce qu'ils sécrètent une poésie toute personnelle.
Ce farfadet était le pasteur de notre petite ville. Enfin, un des pasteurs de l'Eglise réformée évangélique du canton. Des autres, je ne me souviens pas, ou pratiquement pas.

J'ai déjà eu l'occasion de le dire, je ne suis pas baptisée et je n'ai pratiquement jamais eu affaire avec les hommes d'église, qu'ils fussent catholiques ou protestants, et ce petit homme aux cheveux blancs, je n'aurais en principe jamais dû le côtoyer autrement qu'en le croisant dans ses allées et venues en ville.
De fait, nous eûmes maille à partir, et très tôt.
Il pouvait bien donner l'air d'être un brin farfelu ,... (la suite ici)

19.04.2010

Au coin de la rue

 

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Un dimanche de Pâques à Paris, sous un soleil revenant. Au gré de la balade,  on peut y trouver un hommage à la Suisse cycliste, en plein Montmartre, rue Gabrielle ...

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... et plus loin, Pigalle dépassé, à la frontière du XVIIème Arrondissement, rue de Rome, on nous avertit : les trous sont en formation.

 

Photographies prises par l'auteure, le dimanche 4 avril 2010